C'est fou ce que la journée a été vite. C'est probablement parce que j'ai dormi pendant les cours mais ce n'est peut-être pas ça aussi! Maintenant je prenais le chemin sablonneux qui conduit jusqu'aux rails des trains qui passent par ici. Ces trains m'ont toujours fascinée, jusqu'où pourraient-ils me conduire si je montais à l'intérieur ? Le ciel est encore celui du jour, la nuit tarde à tomber en cette période de l'année et c'est tant mieux. Je suis la première sur les lieux. J'ai amené Yougi, il adore courir partout sans arrêter, c'est plutôt drôle à voir. Il y a quelqu'un à l'horizon! Je regarde plus attentivement et je ramène Yougi vers moi. On dirait un garçon d'environ 20 ans, il n'a pas de cheveux, je ne l'ai jamais vu auparavant. AHHHHHHHHHHHHHHH!
- Ferme là Marie! Dit une voix familière.
C'est Cindy, elle m'a tirée par terre, sous le train. Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire! Je reconnais la silhouette de Michaël qui est aussi sous le train.
- Qu'est-ce que tu fais là! Dis-je en chuchotant.
- Michaël dit que c'est un clochard, il l'a déjà vu traîner près de sa maison tard le soir. Il doit être dangereux, je n'ai pas le goût qu'il nous tombe dessus!
- Ben voyons, c'est seulement un jeune qui n'a pas de maison, penses-tu vraiment qu'il nous veut du mal? Il est certainement moins dangereux que Mathieu et sa bande!
- Chuuuuuuuuuuuuuuut! Il est tout proche, susurra Michaël à nos oreilles.
On se tut le temps que l'inconnu passe. S'il nous avait vus, il nous aurait pris pour des idiots cachés sous un train qui attend qu'on remplisse ses wagons. Vraiment qu'elle idée de juger des personnes comme ça. Profitant que Cindy m'ait libérée de son étreinte je sortie de sous ce train... un peu trop tôt. Entendant le bruit de Michaël et Cindy qui juraient après moi, l'homme louche se retourna lentement. Il m'observa de ses yeux bleu-gris, je ne me sentais plus aussi confiante, un frisson parcouru mon corps. Aussi lentement qu'il s'était retourné, il continua sa marche en s'éloigna de nous, sans d'abord m'avoir lancé un sourire qui parlait pour lui. Il nous avait bel et bien remarqués, avant que je sorte de notre cachette.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu le connaissais ? demanda Cinne.
- Parce que je ne le connais pas, c'est simple.
- Mais qui est-il ?
Ça, j'aurais bien voulu y répondre Michaël, sois-en certain.